Dopage : le Kenya doit prouver qu'il est « propre » avant d'accueillir le monde, prévient le patron de l'AMA
Nairobi organisera les Championnats du monde d'athlétisme 2029, une première pour une ville africaine. Le président de l'Agence mondiale antidopage estime que les promesses doivent maintenant se traduire en résultats.

Nairobi — Le Kenya doit montrer qu'il peut être une terre d'athlétisme « propre » s'il veut conserver sa crédibilité en tant qu'hôte des Championnats du monde d'athlétisme 2029, a déclaré à la BBC le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA).
Witold Banka s'exprimait à l'issue d'une visite de trois jours à Nairobi, où il a rencontré le président William Ruto, des responsables du gouvernement et du sport, l'Agence antidopage du Kenya, des athlètes et des représentants des forces de l'ordre.
Une première pour l'Afrique, sous surveillance
Le Kenya s'est vu attribuer les championnats en septembre, devenant le premier pays africain choisi pour les organiser. Cette décision a attiré l'attention sur un problème de dopage qui poursuit le pays depuis des années : plus de 140 athlètes kényans, pour la plupart des coureurs de fond, ont été suspendus par l'Unité d'intégrité de l'athlétisme depuis 2017.
M. Banka a dit avoir reçu du gouvernement un engagement clair en faveur de la tolérance zéro, mais a ajouté que l'AMA jugerait sur les actes. Ses échanges avec le président ont aussi porté sur l'indépendance et le financement de l'agence nationale antidopage. La difficulté de la lutte antidopage, a-t-il dit, tient à l'application des règles et non aux règles elles-mêmes.
Aucun laboratoire accrédité sur le continent
L'Afrique ne compte actuellement aucun laboratoire d'analyses accrédité par l'AMA. Celui de Bloemfontein, en Afrique du Sud, a été suspendu en mars 2024 et a perdu son accréditation en mai 2025.
Le Kenya a manifesté son intérêt pour la création de son propre laboratoire, a indiqué M. Banka, tout en mettant en garde contre l'espoir d'une accréditation avant 2029, car la procédure prend des années. Le renforcement du système de contrôle lui-même reste donc la priorité la plus urgente.
Cet article s'appuie sur des informations de BBC Sport.


