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Ebola : le Kenya recherche les cas contacts après un premier décès, l'épidémie s'aggrave en RDC

Un homme tombé malade en RD Congo a traversé trois pays avant de mourir dans un hôpital de Nairobi. Aucune autre infection n'est confirmée au Kenya, mais l'affaire soulève de sérieuses questions sur les contrôles aux frontières.

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Rédaction PANM
Nairobi4 min de lecture
Illustration (générée par IA) — Pan African News Media

Le Kenya recherche toutes les personnes ayant été en contact avec un homme mort d'Ebola lundi à Nairobi, premier cas de la maladie jamais enregistré dans le pays. Les autorités sanitaires indiquent qu'aucune autre infection n'a été confirmée au Kenya à ce stade.

La représentante de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Kenya, la Dre Neema Rusibamayila Kimambo, a déclaré à ONU Info que les prochains jours seraient décisifs pour empêcher la propagation du virus dans la population. Elle parle d'un cas importé, le patient s'étant rendu directement à l'hôpital.

Ce que l'on sait du cas

Le patient était un Kényan installé en République démocratique du Congo depuis sept ans. Selon le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, cité par le Guardian, il est tombé malade il y a environ un mois et a été soigné en RDC, avant de gagner l'Ouganda par la route puis de prendre l'avion pour Nairobi le samedi 3 octobre.

Un proche l'a conduit de l'aéroport au Nairobi Hospital, où il a été isolé et testé positif. Il y est mort lundi soir. Il a été inhumé mardi dans le respect des règles de sécurité sanitaire.

La recherche des contacts

Les chiffres ont évolué à mesure que les recherches s'élargissaient. Mardi, le ministre de la Santé faisait état de 28 contacts recensés. Mercredi, la BBC rapportait que dix personnes avaient été placées en quarantaine et que les autorités tentaient d'en joindre 57 autres.

Selon l'OMS, les personnes identifiées comprennent une dizaine de proches, dont certains se sont présentés spontanément, et 21 soignants qui se sont occupés du patient. Les autorités travaillent aussi avec la compagnie aérienne pour retrouver les quelque 23 passagers et quatre membres d'équipage de son vol.

Comment a-t-il pu aller si loin ?

Le directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a déclaré à la BBC que l'homme avait traversé plusieurs villes de RDC, franchi la frontière ougandaise par la route et pris l'avion pour le Kenya sans que sa maladie soit détectée, et que les enquêteurs devaient établir pourquoi. Son agence examine le dossier avec les autorités congolaises.

Un haut responsable de la santé kényan, Patrick Amoth, a indiqué que le patient avait peut-être passé les contrôles parce que des médicaments masquaient ses symptômes. Un représentant du principal syndicat de médecins du Kenya a affirmé à la BBC avoir constaté des failles à des postes-frontières et au principal aéroport du pays.

La riposte du Kenya

Le ministère de la Santé dit avoir renforcé la surveillance dans les aéroports et aux frontières, ouvert une ligne téléphonique pour signaler des symptômes et réservé une porte de l'aéroport principal aux passagers en provenance de dix pays proches du foyer de l'épidémie, rapportent Africanews et l'agence Associated Press. Cinq établissements de santé, totalisant 241 lits d'isolement, ont été désignés pour accueillir les malades.

La présidence indique que plus de 650 000 voyageurs ont été contrôlés et 267 échantillons analysés depuis le début de l'épidémie. Le gouvernement appelle la population à ne pas céder à la panique.

L'épidémie chez le voisin

Le cas provient d'une épidémie qui sévit dans l'est de la RDC, annoncée en mai, la dix-septième de l'histoire du pays. Au 2 octobre, 4 082 personnes étaient mortes sur 8 463 cas confirmés, selon le Guardian. Elle s'est étendue à sept provinces.

Elle est causée par la souche Bundibugyo du virus, relativement rare. Il n'existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre cette souche, mais des essais sont en cours.

L'organisation Médecins Sans Frontières a averti cette semaine que la propagation dans la province du Nord-Kivu était hors de contrôle. La province concentre désormais près de 40 % des nouveaux cas confirmés, pour la plupart issus de chaînes de transmission inconnues, et les trois quarts des décès dus à Ebola y surviennent à domicile et non dans les centres de traitement, a expliqué à Africanews une coordinatrice de son centre de Butembo. L'ONG estime que les structures de soins sont saturées et que la peur de la maladie dissuade les gens de se faire soigner.

L'Ouganda a enregistré 20 cas et deux décès plus tôt dans l'épidémie, avant d'être déclaré exempt d'Ebola en août.

Comment Ebola se transmet, et que faire

Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d'une personne infectée, comme le sang, les vomissures, la sueur ou la salive, ainsi qu'avec la literie ou les vêtements contaminés. Le virus ne se transmet pas par l'air.

L'OMS recommande de se laver régulièrement les mains, d'éviter les contacts physiques inutiles et de se rendre rapidement dans un centre de santé en cas de malaise. Le ministère kényan de la Santé demande à toute personne présentant des symptômes, ou ayant pu être en contact avec un cas, d'appeler sa ligne dédiée à Ebola.

Cet article s'appuie sur des informations de la BBC, d'ONU Info, du Guardian et d'Africanews, notamment son reportage au Nord-Kivu et celui sur les préparatifs du Kenya. Les chiffres étaient exacts à la date de ces publications et ont pu évoluer.

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