La Guinée-Bissau autorise un essai vaccinal contesté sur des nouveau-nés
La moitié de 14 000 bébés seraient privés du vaccin contre l'hépatite B pendant leurs six premières semaines. L'agence africaine de santé publique s'oppose à cette étude financée par les États-Unis.

Bissau — Un essai du vaccin contre l'hépatite B mené sur des nouveau-nés en Guinée-Bissau, financé par le gouvernement des États-Unis et suspendu en janvier après les protestations de scientifiques, a reçu le feu vert, rapporte Africanews, qui cite le Guardian.
Un comité d'éthique au Danemark et les autorités de Guinée-Bissau ont tous deux approuvé le projet la semaine dernière, selon cette source.
Le protocole
L'étude, conduite par des chercheurs danois, porterait sur 14 000 bébés. Le vaccin ne serait pas administré à la moitié d'entre eux pendant les six premières semaines de vie.
Elle est financée à hauteur de 1,6 million de dollars par le ministère américain de la Santé. Le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr, a souvent exprimé son scepticisme à l'égard des vaccins, et ses conseillers ont abandonné, fin 2025, la recommandation de vacciner tous les nourrissons américains contre l'hépatite B.
L'objection
Selon ses détracteurs, l'essai priverait délibérément et au hasard des nourrissons d'un vaccin dont l'efficacité est établie, dans un pays où la maladie est répandue.
Les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé cités par cette source expliquent leur inquiétude :
- on estime que plus de 12 % des adultes de Guinée-Bissau vivent avec une hépatite B chronique ;
- l'infection touche environ 2 % des enfants de moins de cinq ans ;
- l'objectif mondial est inférieur à 0,1 %.
La Guinée-Bissau prévoit de vacciner tous les nouveau-nés contre l'hépatite B à partir de 2028.
Africa CDC
Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) s'opposent à l'essai. L'agence a indiqué la semaine dernière que les discussions entre les États-Unis et la Guinée-Bissau se poursuivaient et que des précisions suivraient.
Cet article s'appuie sur des informations d'Africanews, qui cite le Guardian.


