Mali : l'armée reprend Kidal après le retrait des séparatistes touaregs
La ville du Nord était tombée aux mains des rebelles en avril. Sa reprise, avec l'appui russe, est jugée symbolique plus que décisive par les analystes.

L'armée malienne, appuyée par des forces paramilitaires russes, est entrée de nouveau dans la ville de Kidal, dans le nord du pays, après le retrait des séparatistes touaregs, selon DW et Africanews.
Le Front de libération de l'Azawad (FLA) a déclaré avoir procédé à un retrait stratégique et maîtrisé de ses forces, sans combat direct. Un porte-parole du mouvement a mis en cause ce qu'il appelle un usage disproportionné de moyens aériens par les combattants russes de l'Africa Corps.
L'état-major malien a affirmé avoir mené des opérations aéroterrestres de grande envergure dans la région de Kidal avec ses partenaires russes. Un communiqué du gouvernement indiquait mardi soir que les troupes renforçaient leur présence dans la ville.
Une ville perdue en avril
Le FLA et le groupe JNIM, lié à Al-Qaïda, s'étaient emparés de Kidal en avril, lors d'une série d'attaques au cours desquelles le ministre malien de la Défense avait été tué. Les séparatistes touaregs se battent depuis des années pour un État indépendant dans le nord du Mali.
Un succès symbolique
Les analystes cités dans les deux articles y voient un succès pour le pouvoir militaire, humilié par la perte de la ville. Beverly Ochieng, du cabinet Control Risks, a déclaré à l'agence Reuters que cette reprise conforte l'autorité du gouvernement et le moral de l'armée après de récents revers, sans être décisive dans la lutte contre les groupes djihadistes et séparatistes.
Le Mali traverse une crise sécuritaire depuis 2012. Les militaires, arrivés au pouvoir par deux coups d'État en 2020 et 2021 en promettant de rétablir la sécurité, s'appuient de plus en plus sur des paramilitaires russes. Des organisations de défense des droits humains ont souvent accusé l'armée malienne et les paramilitaires russes d'avoir tué des civils lors d'opérations, et toutes les parties sont accusées de crimes de guerre.
Cet article s'appuie sur des informations de DW et d'Africanews.


