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203 millions de dollars pour le Niger, 2,2 milliards pour le Sénégal : les accords du FMI expliqués

Deux voisins, deux programmes très différents sous le même nom. Ce qu'est une facilité élargie de crédit, et pourquoi les montants varient de un à dix.

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Rédaction PANM
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Le siège du Fonds monétaire international à Washington. Photo d'archives : Fonds monétaire international / Wikimedia Commons (domaine public)
Le siège du Fonds monétaire international à Washington. Photo d'archives : Fonds monétaire international / Wikimedia Commons (domaine public)

À six semaines d'intervalle, le Niger et le Sénégal ont chacun conclu un accord préliminaire avec le Fonds monétaire international sur un nouveau programme de prêt. Les deux s'appellent « facilité élargie de crédit ». L'un porte sur environ 203 millions de dollars, l'autre sur 2,2 milliards. Voici ce qui explique l'écart.

Ce qu'est une facilité élargie de crédit

C'est le principal prêt à moyen terme du Fonds pour les pays à faible revenu. L'argent est versé par tranches sur environ trois ans. Avant chaque tranche, les services du FMI vérifient que le gouvernement a fait ce qu'il avait promis.

Ce que signifie « accord au niveau des services »

Cela veut dire que l'équipe de négociation du Fonds et le gouvernement se sont entendus sur les conditions. Rien n'est versé tant que le conseil d'administration du FMI ne l'a pas approuvé. Pour le Niger, cette réunion est attendue début décembre.

Niger : une continuité

L'accord du Niger prend directement la suite d'un programme qui s'achève. Selon le Fonds, ce programme a aidé le Niger à préserver sa stabilité macroéconomique et à mener un ajustement budgétaire et extérieur significatif alors qu'il faisait face à des chocs exceptionnels.

  • Montant : environ 203 millions de dollars sur 38 mois, dont environ 36 millions disponibles dès l'approbation.
  • Ampleur : 114 % de la quote-part du Niger, c'est-à-dire sa participation financière au Fonds, qui sert d'étalon pour ce qu'un membre peut emprunter.
  • Perspectives : une croissance de 7 % cette année et de 6,7 % l'an prochain, un déficit budgétaire de 3,4 % de la production économique, et des prix en baisse de 2,5 % cette année.
  • Risques : l'insécurité et les chocs climatiques.

Sénégal : un sauvetage

L'accord du Sénégal, annoncé le 1er septembre, est d'un autre ordre.

  • Montant : 2,2 milliards de dollars sur 36 mois.
  • Ampleur : 475 % de la quote-part du Sénégal, soit plus de quatre fois le ratio du Niger.
  • Objectif : rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette.

Il est en outre assorti de conditions à remplir avant même que le conseil ne l'examine. Le Sénégal doit prendre des mesures correctives décisives au sujet d'un cas de déclarations inexactes au Fonds, et ses autres créanciers doivent donner des assurances sur leurs propres financements. Le gouvernement a indiqué qu'il comptait demander un traitement de sa dette.

L'économie sénégalaise a progressé de 6,7 % en 2025, mais grâce à la nouvelle production de pétrole et de gaz. Hors de ce secteur, la croissance a été de 2,2 %.

En bref

Le Niger emprunte modestement pour prolonger un dispositif qui fonctionne. Le Sénégal emprunte massivement pour redresser ses finances publiques. Le nom du programme est le même. Les situations ne le sont pas.

Sources : communiqués du FMI sur le Niger, 8 octobre 2026, et sur le Sénégal, 1er septembre 2026. Les formulations du FMI sont traduites de l'anglais.

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