Afrique du Sud : des milices s'en prennent aux demandeurs d'asile à la réouverture du système, après six ans
Une quinzaine de membres d'un groupe anti-migrants ont tenté de bloquer la file d'attente devant le bureau d'accueil de Durban. Seuls 20 dossiers ont été traités ce jour-là.

Durban — Un groupe d'une quinzaine de miliciens a harcelé mardi des demandeurs d'asile qui faisaient la queue devant le centre d'accueil des réfugiés du ministère de l'Intérieur à Durban, au lendemain de l'annonce de la réouverture du système d'asile sud-africain, rapporte GroundUp.
Le système était fermé aux nouvelles demandes depuis le confinement lié au Covid, en 2020. Un arrêt de la Cour constitutionnelle rendu en juillet a ouvert la voie à sa reprise.
« Arrêtez de traiter les dossiers »
Le chef du groupe, Wandile Mhlongo, a déclaré à GroundUp que l'objectif était d'empêcher les gens de demander l'asile en Afrique du Sud. Ses membres ont lancé des insultes xénophobes et ordonné aux personnes présentes de quitter le pays.
Xolani Zuma, dont l'épouse Jacinta Ngobese-Zuma dirige l'organisation anti-migrants March and March, est venu parler à la police. Il a expliqué que le groupe veut que le ministère cesse de traiter les dossiers de réfugiés, estimant que ses ressources doivent servir les Sud-Africains.
Dans la file d'attente
Parmi les personnes présentes se trouvait Bihh Mutombo, qui a fui la République démocratique du Congo il y a douze ans et attendait depuis six heures du matin. Une autre femme, mère célibataire qui tient un salon de coiffure et vit dans le pays depuis cinq ans, a expliqué que ses déplacements répétés au bureau lui faisaient perdre des revenus.
Des demandeurs d'asile ont indiqué aux journalistes que vivre sans papiers complique l'accès aux soins à l'hôpital. Certains avaient un dossier en cours au moment de la fermeture du système.
À la fin de la journée, 20 personnes avaient été reçues. Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs dénoncé ce qu'il qualifie de désinformation au sujet des demandes d'asile.
Cet article s'appuie sur un reportage de Joseph Bracken et Tsoanelo Sefoloko pour GroundUp, via AllAfrica.


