L'Afrique se prépare aux catastrophes plus vite que le reste du monde
Selon une enquête mondiale, toutes les régions africaines ont amélioré leur résilience depuis 2023, plus que partout ailleurs. Prochain chantier : des alertes qui arrivent à temps.

London — Les régions africaines ont amélioré leur capacité à faire face aux catastrophes plus vite que toutes les autres régions du monde depuis 2023, selon une nouvelle étude de la Lloyd's Register Foundation rapportée par Africanews.
Cela ne signifie pas que l'Afrique soit désormais le continent le plus résilient, mais que ses régions sont celles qui ont le plus progressé sur la période.
Les progrès
L'étude note la résilience de zéro à 100. Depuis 2023 :
- l'Afrique du Nord a gagné cinq points ;
- l'Afrique australe, quatre points ;
- l'Afrique de l'Est, trois points ;
- l'Afrique centrale et de l'Ouest, trois points.
Ces progrès sont liés à un accès plus large à internet, à des ménages mieux préparés et à des finances familiales plus solides. L'Algérie, le Nigeria, le Kenya, l'Égypte et l'Ouganda figurent parmi les pays qui y contribuent, pour des raisons différentes selon les cas.
La méthode
Les chiffres proviennent de la quatrième édition du World Risk Poll, réalisé par Gallup auprès de plus de 143 000 personnes dans 140 pays et territoires en 2025. L'indice porte sur quatre niveaux : l'individu, le ménage, la communauté et la société.
Ce que peuvent faire les voisins
Le rapport cite un exemple au Malawi : en janvier, des bénévoles ont mobilisé les habitants pour dégager les caniveaux avant l'arrivée de pluies extrêmes, selon la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Prochain chantier : l'alerte
En Afrique centrale et de l'Ouest, moins de la moitié des adultes touchés par une catastrophe, 47 %, disent avoir été prévenus à l'avance.
Dans le monde, près de 220 millions d'adultes ayant vécu une catastrophe au cours des cinq dernières années n'ont reçu aucune alerte, et 77 % d'entre eux possédaient un téléphone portable. Les personnes prévenues par plusieurs canaux, SMS, télévision et réseaux sociaux, ont beaucoup plus souvent agi : 64 % avec trois canaux, contre 37 % avec un seul.
Une alerte n'est utile que si l'on sait comment réagir, souligne Nancy Hey, du Global Safety Evidence Centre de la fondation. Celle-ci appelle les gouvernements et les agences de gestion des catastrophes à étendre la couverture des alertes et à investir davantage dans la préparation des ménages.
L'étude remet aussi en cause une idée reçue : les pays riches ne sont pas automatiquement plus résilients.
Source : Africanews, article de Kwabena Adu-Gyamfi, 13 octobre 2026.


