L'hypertension est en cause dans un quart des décès par maladie chronique en Afrique
Maladies cardiaques, AVC, maladies rénales et diabète ont tué 4,7 millions d'Africains en 2023, selon une analyse du Lancet. Plus de la moitié des décès tiennent à trois risques évitables.

Addis-Abeba — Les maladies non transmissibles ont tué environ 4,7 millions de personnes en Afrique en 2023 et représentent une part croissante de la charge de morbidité du continent, selon une analyse parue dans The Lancet Global Health et mise en avant par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
L'étude s'appuie sur les données 2023 du projet Global Burden of Disease, qui mesure la charge mondiale de morbidité. Les maladies non transmissibles sont celles qui ne se transmettent pas d'une personne à l'autre, comme les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et le cancer.
L'ampleur
- 4,70 millions de décès en 2023 ;
- 2,33 milliards de cas ;
- 263 millions d'années de vie en bonne santé perdues. Les chercheurs les mesurent en années de vie corrigées de l'incapacité, une unité correspondant à une année de vie en bonne santé perdue du fait de la maladie ou d'un décès prématuré.
Ce qui tue
Les cinq premières causes de décès liées à ces maladies étaient :
- les cardiopathies ischémiques, 801 000 décès ;
- les accidents vasculaires cérébraux, 700 000 ;
- les maladies rénales chroniques, 293 000 ;
- les cardiopathies hypertensives, 246 000 ;
- le diabète, 245 000.
Trois risques derrière la moitié des décès
Le constat le plus utile en pratique porte sur des causes que l'on peut modifier. Trois facteurs de risque expliquent à eux seuls plus de la moitié des décès :
- l'hypertension artérielle systolique, 26,2 % ;
- une mauvaise alimentation, 14,7 % ;
- la pollution de l'air, 14,2 %.
Cela ouvre, selon Africa CDC, de larges possibilités de prévention : une alimentation plus saine, une moindre exposition à l'air pollué, un dépistage et un traitement plus précoces, et des systèmes de santé mieux armés pour répondre.
Ce qu'Africa CDC dit faire
Le Dr Mohammed Abdulaziz, qui dirige la division du contrôle et de la prévention des maladies de l'agence et compte parmi les auteurs de l'étude, estime que ces résultats rendent plus urgente une réponse coordonnée, à l'échelle du continent, aux maladies non transmissibles, aux traumatismes et aux troubles de santé mentale.
Le plan stratégique 2023-2027 de l'agence comporte un pilier consacré aux systèmes de santé intégrés pour les maladies à forte charge. Ses programmes comprennent un dispositif visant à améliorer la surveillance des maladies non transmissibles, un programme continental sur la drépanocytose et d'autres maladies héréditaires du sang, et un programme de leadership en santé mentale.
Source : Africa CDC, 5 octobre 2026.


