Le barrage qui a mis fin aux querelles de saison sèche d'un village
À Torla, dans le nord de la Côte d'Ivoire, un éleveur et sa compagne, maraîchère, se disputaient la même eau. Un barrage réhabilité a changé la donne.

Torla — À chaque saison sèche, à Torla, un village du nord de la Côte d'Ivoire, un même foyer vivait les deux côtés d'un vieux différend. Adam Ouattara élève des bovins. Sa compagne, Makongo Traoré, cultive des aubergines, du gombo et des tomates sur une petite parcelle près de leur maison. Ils ont quatre enfants. Quand l'eau venait à manquer, son gagne-pain à lui et le sien à elle tiraient en sens contraire.
Leur histoire est racontée par ONU Info dans un reportage sur un barrage réhabilité que le village gère désormais lui-même.
Comment les tensions naissaient chaque année
Le nord de la Côte d'Ivoire est une région où l'élevage transhumant et l'extension des cultures se disputent les mêmes terres. Pendant les mois secs, les pâturages et les points d'eau se tarissaient, et les éleveurs devaient conduire leurs troupeaux plus loin du village, souvent à travers les champs cultivés.
Les pluies amenaient une autre contrainte. À mesure que les cultures gagnaient du terrain, il en restait moins pour le bétail, et les animaux devaient aller plus loin encore, parfois vers les frontières.
M. Ouattara dirige l'association locale des éleveurs depuis 2021 et parle au nom des pasteurs en cas de litige. Quand les ressources se raréfient, a-t-il confié à ONU Info, chacun cherche à protéger ses moyens de subsistance.
Ce qui a changé
Le barrage agropastoral du village a été réhabilité et achevé en août 2026, avec l'appui de l'Organisation internationale pour les migrations, du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix et de partenaires. Il retient désormais davantage d'eau et la restitue de façon plus régulière pendant la saison sèche, pour le bétail comme pour l'irrigation. C'est la communauté qui le gère.
L'objectif était de prévenir les conflits liés aux ressources naturelles avant qu'ils n'éclatent.
M. Ouattara dit qu'il y a moins d'affrontements, et qu'éleveurs et agriculteurs s'assoient désormais ensemble pour discuter des problèmes. À ses yeux, le barrage a apporté la paix au village.
Ce que cela change à la maison
Mme Traoré a agrandi sa parcelle maraîchère. Ce revenu, dit-elle, aide à payer la scolarité de ses enfants, et elle peut désormais travailler davantage pour leur assurer un avenir meilleur.
Elle n'est pas la seule. Un accès fiable à l'eau ouvre le maraîchage à d'autres femmes du village, pour qui il représente une source importante de revenus.
Source : ONU Info, 10 octobre 2026. Les propos sont traduits de l'anglais.


