Presque tout le coton d'Afrique de l'Ouest part sous forme de fibre brute. La valeur se crée après, disent les producteurs.
À l'occasion de la Journée mondiale du coton, une voix de la filière sud-africaine plaide pour que le continent file, tisse et couse davantage ce qu'il cultive.

Environ 98 % du coton cultivé en Afrique de l'Ouest et du Centre est exporté sous forme de fibre brute, selon des chiffres de l'Organisation mondiale du commerce datant de mars. La filature, le tissage et la confection, qui créent l'essentiel de la valeur, se font ailleurs.
Dans un article publié par Bird Story Agency pour la Journée mondiale du coton, le 7 octobre, Erica Vogel, responsable du contrôle qualité au sein de l'organisation professionnelle Cotton SA, estime que les producteurs africains devraient bâtir des chaînes de valeur complètes, du champ à l'usine.
L'exemple d'un agriculteur
Elle cite Frans Malela, un agriculteur sud-africain qui a quitté un emploi à Johannesburg pour cultiver quatre hectares de coton en 1984. Il exploite aujourd'hui plus de 200 hectares et emploie une quarantaine de saisonniers. Ses rendements sont passés de 800 kilos à l'hectare à 1,2 tonne en année normale, et ont atteint trois tonnes en 2021-2022.
Elle y voit la preuve de ce que permettent l'accompagnement des producteurs, des normes claires et des liens fiables avec les acheteurs.
Une norme locale
L'Afrique du Sud teste pendant trois ans son propre référentiel de durabilité, le South African Cotton Standard. Il couvre la gestion, l'environnement, les conditions humaines et l'impact socio-économique, et vise à offrir aux filateurs et aux distributeurs locaux un produit traçable.
Le texte est écrit de l'intérieur de la filière : c'est un plaidoyer, non une évaluation indépendante. Mais le chiffre qui le fonde n'est pas contesté : le continent vend l'essentiel de son coton avant l'étape la plus rentable.
Cet article s'appuie sur un texte d'Erica Vogel pour Bird Story Agency, via AllAfrica.

