Washington sanctionne la CPI le jour du Nobel de Navi Pillay
Les États-Unis interdisent toute transaction avec la Cour, ce qui pourrait la couper de ses banques, assureurs et fournisseurs de logiciels. « Soit la CPI met fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI », dit le secrétaire d'État.

Washington — Les États-Unis ont imposé de vastes sanctions à la Cour pénale internationale, quelques heures après l'attribution du prix Nobel de la paix à la Sud-Africaine Navi Pillay, ancienne juge de cette cour, rapporte le Daily Maverick.
Les mesures bloquent les transactions avec la Cour en tant qu'institution. Elles vont plus loin que les sanctions américaines précédentes, qui visaient des procureurs et des juges à titre individuel, et pourraient empêcher les entreprises américaines de lui fournir les services bancaires, d'assurance ou informatiques dont elle dépend.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a affirmé que le président Donald Trump « ne permettra jamais à la Cour pénale internationale de poursuivre des Américains », qualifiant l'institution de « cour voyou ». « Soit la CPI met fin à ses menaces, soit nous mettrons fin à la CPI », a-t-il déclaré.
La réponse de la Cour
La procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, a estimé que ces sanctions « doivent être condamnées » et que le travail de la Cour se poursuivrait.
Washington a délivré en même temps quatre licences générales. Elles autorisent les services de télécommunications et de logiciels, le versement des pensions et les transactions concernant les personnes détenues par la Cour.
La Cour et le prix
Fondée en 2002, la Cour compte 125 États membres.
Navi Pillay a siégé à sa chambre d'appel de 2003 à 2008. En annonçant son prix, le comité Nobel a souligné que les juges et les institutions du droit international subissaient des attaques politiques, et qu'un système juridique dans lequel les criminels de guerre répondent de leurs actes est essentiel à la paix.
L'administration Trump s'oppose à la Cour depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. La CPI a émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Cet article s'appuie sur des informations du Daily Maverick.


