Riziculteurs sénégalais : sans sécurité foncière, le crédit ne suffit pas
Une étude portant sur 644 ménages rizicoles montre que le crédit aide à adopter des semences améliorées seulement quand la terre est sûre.

Saint-Louis — Le riz représente près des deux tiers des importations céréalières du Sénégal. Produire davantage sur place suppose que les agriculteurs adoptent des variétés améliorées et certifiées. Mais les semences ne suffisent pas, montrent des chercheurs en économie agricole dans The Conversation.
L'étude
À partir de l'Enquête agricole annuelle 2021/2022 de la DAPSA, ils ont analysé 644 ménages rizicoles, pour la plupart de petites exploitations de moins d'un hectare, en se demandant si l'accès au crédit favorise l'adoption de variétés améliorées, et si la réponse dépend de la sécurité foncière.
Les résultats
- En moyenne, le crédit ne change rien : il n'influence ni la décision d'adopter ni la part des terres consacrée aux nouvelles variétés.
- Avec des droits fonciers sécurisés, il fonctionne : il est associé à l'adoption et à une plus grande surface plantée.
- En situation d'insécurité foncière, il n'aide pas : face au risque de perdre sa parcelle, l'agriculteur limite la surface consacrée aux semences améliorées, un « mécanisme de substitution sous contrainte ».
Environ 61 % des ménages seraient confrontés au rationnement du crédit, et la terre peut rarement servir de garantie faute de reconnaissance formelle des droits coutumiers. Les auteurs concluent qu'il faut penser ensemble financement agricole et réforme foncière.
Source : The Conversation, 23 octobre 2026.


