Inzu : ce que la maison rwandaise ancestrale enseigne aux architectes
Une visite au musée du Palais royal de Nyanza a conduit l'architecte Sankara Mutoni à écrire un livre sur la langue, les croyances et le savoir-faire de l'habitat traditionnel.

Nyanza — En 2023, Sankara Mutoni, artiste et architecte rwandais installé en Belgique, visite le musée du Palais royal de Nyanza. La résidence royale reconstituée le frappe : vue de l'extérieur, elle paraît petite, mais une fois entré, elle est immense.
De cette visite est né Inzu, un livre illustré sur le patrimoine architectural rwandais et ses leçons pour aujourd'hui.
Des mots qui gardent le savoir
Pendant la visite, en kinyarwanda, il découvre des termes inconnus. Igitabo, qui désigne aujourd'hui un livre, nomme aussi un élément de la maison traditionnelle qui empêche l'eau d'entrer. À l'entrée du palais se dressait inkingi y'imbabazi, le « pilier du pardon » : un condamné à mort qui parvenait à le toucher pouvait obtenir la grâce du roi.
Il ne s'agit pas de nostalgie, dit-il, mais de reconnaître l'intelligence et la richesse de la langue et du regard des ancêtres.
Des leçons pour bâtir durable
- Matériaux locaux : bois, argile, bouse de vache.
- Fraîcheur : des formes qui gèrent la chaleur sans machine.
- L'urugo : l'enclos où vivaient plusieurs générations.
Pour Mutoni, l'enjeu n'est pas de copier le passé mais d'en comprendre la logique pour construire de façon plus durable et moins dépendante des importations.
Source : The New Times via AllAfrica, 26 octobre 2026.


