Carlos Lopes : pourquoi l'argent coûte-t-il le plus cher là où l'Afrique en a besoin ?
L'Afrique reçoit environ 23 % du financement climatique dont elle a besoin et paie deux à trois fois plus cher pour financer le solaire et l'éolien.

Johannesburg — L'Afrique compte environ 20 % de la population mondiale mais attire moins de 3 % des dépenses énergétiques mondiales. Dans une conférence à l'université du Witwatersrand publiée par The Conversation, l'économiste Carlos Lopes, de l'université du Cap, ancien haut responsable de l'ONU et de l'Union africaine, pose une question directe : pourquoi le capital est-il le plus cher là où les besoins sont les plus grands ?
L'écart
- L'Afrique a reçu en moyenne 43,7 milliards de dollars par an de financement climatique en 2021-2022, environ 23 % de ses besoins.
- Les dix pays africains les plus vulnérables en reçoivent 11 %.
Le coût de l'argent
- Financer de grands projets solaires et éoliens coûte au moins deux à trois fois plus cher en Afrique que dans les économies avancées ou en Chine.
- Baisser le coût du financement d'un point réduirait le coût de l'électricité solaire et éolienne d'au moins 8 %.
Les propositions
L'Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales de minerais critiques. Plutôt que de les exporter bruts, elle devrait :
1. négocier un financement abordable pour l'industrie, l'énergie, les transports et les compétences ; 2. traiter le financement climatique comme du financement du développement ; 3. transformer minerais et énergies renouvelables en emplois et usines locales, y compris des batteries ; 4. mettre taux d'intérêt, garanties et risque de change au cœur des négociations ; 5. s'assurer que l'argent promis est réellement versé.
Source : The Conversation, 6 septembre 2026.


