Comment les familles de Tombouctou ont sauvé 350 000 manuscrits
Sept siècles de savoir africain, astronomie, médecine, droit et poésie, ont survécu à l'occupation de 2012 grâce à des familles et des bibliothécaires qui les ont mis à l'abri.

Tombouctou — Pendant des siècles, les familles de Tombouctou, dans le nord du Mali, ont conservé des bibliothèques chez elles. Leurs manuscrits, écrits de la fin du XIIIe au début du XXe siècle, sont le témoignage le plus connu de la tradition savante écrite de l'Afrique de l'Ouest.
Leur contenu
- Astronomie, médecine, philosophie, sciences, droit, histoire et poésie, ainsi que des copies du Coran.
- Surtout en écriture arabe, mais beaucoup en ajami, l'alphabet arabe adapté aux langues africaines : peul, songhaï, tamasheq, bambara, soninké.
- La plupart n'ont jamais été étudiés ni catalogués.
Le sauvetage
En 2012-2013, des groupes armés ont occupé Tombouctou et brûlé ou volé 4 203 manuscrits. Le bilan aurait pu être bien pire : Abdel Kader Haidara et Stephanie Diakité ont organisé l'évacuation d'environ 350 000 manuscrits vers Bamako, tandis que des familles cachaient leurs propres collections, notamment avec l'association SAVAMA-DCI.
Les préserver pour le monde
Depuis 2013, plus de 150 000 manuscrits ont été photographiés, et un projet avec la British Library, lancé en 2017, a numérisé les collections des trois grandes mosquées de la ville.
Le sauvetage des bibliothèques de Tombouctou, mené par les Maliens eux-mêmes, est l'un des grands actes de courage culturel de notre époque.
Contexte : Wikipédia.


