Restaurer les parcours d'Afrique de l'Est avec les éleveurs
Un chercheur djiboutien montre que certaines restaurations ont nui aux pasteurs, et propose de les placer au cœur des politiques.

Djibouti — Les parcours couvrent 54 % des terres émergées et font vivre environ deux milliards de personnes, gérés par quelque 500 millions de pasteurs. En Afrique de l'Est, ils fournissent l'essentiel du fourrage du bétail ; en Tanzanie, ils couvrent près des trois quarts du territoire. Sougueh Cheik, chercheur au Centre d'étude et de recherche de Djibouti (CERD), plaide dans The Conversation pour une restauration menée avec les éleveurs.
Quand la bonne intention échoue
Dans la plaine de Hanlé, à Djibouti, le Prosopis juliflora, planté contre la désertification, a formé des fourrés denses autour des points d'eau, réduisant le fourrage et bloquant l'accès des troupeaux à l'eau.
Ce qui a mieux marché
En Tanzanie, quatre villages ont sécurisé ensemble 30 000 hectares de pâturages communs grâce à des certificats coutumiers collectifs. Mais sans règles de pâturage, les sols nus ont continué de progresser.
Six recommandations
1. Reconnaître les droits fonciers collectifs des éleveurs, avec des règles de gestion. 2. Mesurer le fourrage réellement accessible, pas seulement la couverture végétale. 3. Privilégier les espèces fourragères locales et voir la mobilité des troupeaux comme une adaptation au climat. 4. Financer un suivi à long terme, par exemple via l'IGAD. 5. Donner une voix aux pasteurs. 6. Faire décider les parlements nationaux.
Source : The Conversation, 8 septembre 2026.


