Coton : eau et énergie mutualisées aident l'Afrique à filer et teindre chez elle
Des parcs industriels en Éthiopie, au Bénin et au Togo recyclent jusqu'à 90 % de leur eau et allègent l'investissement de chaque usine.

Cotonou — Les pays africains qui exportent leur coton brut trouvent un moyen d'en transformer davantage sur place : des parcs industriels qui fournissent en commun le traitement de l'eau, l'électricité et la logistique, afin que chaque usine textile n'ait pas à tout construire.
La teinture, le blanchiment et la finition consomment beaucoup d'eau, de produits chimiques et de chaleur, et les rejets doivent être traités. Quand l'aménageur du parc gère ces services, les usines paient pour les utiliser au lieu de les financer d'emblée.
Là où cela fonctionne
- Hawassa, Éthiopie : la station du parc textile traite jusqu'à 11 millions de litres d'eaux usées par jour sans rejet liquide, et la ville annonce 90 % d'eau récupérée. Selon une étude de la Banque mondiale, le système coûtait 3,40 dollars par mètre cube à exploiter, contre 0,80 dollar facturé aux usines, signe du soutien public.
- Glo-Djigbé (Bénin) et Adétikopé (Togo) : les deux zones ARISE disposent d'une station commune d'effluents en service. D'après la SFI, les entreprises textiles de Glo-Djigbé réutilisent 85 à 90 % de leur eau.
Le spécialiste du textile Rajeev Arora, basé au Kenya, estime que ces parcs « clés en main » peuvent réunir filature et confection. Une étude du Nigerian Economic Summit Group conclut que les équipements partagés réduisent le coût de l'investissement industriel.
Le modèle impose aussi des obligations : les usines aux rejets très pollués doivent les prétraiter avant de les envoyer dans le réseau commun.
Source : AllAfrica, 29 octobre 2026.


